Nous voici donc rendus à Ratmanoff,
où on retrouve avec plaisir Greg, Solène, Camille et Fabien.
Cela fait maintenant 8 jours que Flo, Elie et moi sommes partis de PAF. Je dois
rester 2 jours puis rentrer avec Solène, Camille et Fabien alors que Flo, Elie
et Greg resteront un peu plus longtemps pour faire les manip ornithos. Le
premier jour, nous nous levons sous la neige, les grains se succèdent toute la
journée, ne laissant que de faibles fenêtres permettant une sortie.
Le second jour est plus calme,
dès le matin, nous nous levons pour aller faire la manip
cerf volant. Cela consiste à déployer un grand cerf volant en delta auquel on
accroche un appareil photo qui se déclenche automatiquement toutes les 5
secondes et de faire passer ça au dessus de la colonie pour pouvoir dénombrer la
population de poussins. C’est une manip difficile, car c’est la première année que
c’est en test. Toute la difficulté consiste à saisir la bonne fenêtre météo
pour que le cerf volant puisse porter l’appareil sans craindre de l’écraser au
milieu de la colonie mais pas trop pour ne pas casser le fil et perdre
l’appareil et le cerf volant. Vous
comprendrez que ce sont des conditions bien exigeantes pour les Kerguelen en hiver.
Nous sortons donc le matériel et lançons le cerf volant. Il faut le placer
assez haut pour qu’il ne gène pas les manchots, nous mettons donc 200m de fil et
plaçons l’appareil photo à environ 150m. Jusque là tout va bien, nous avons 45
min devant nous avant le prochain grain que nous voyons arriver au loin. Nous
longeons la colonie sur toute sa longueur (1,5 km environ). Arrivés au bout,
nous voulons faire le retour un peu plus haut mais le vent forcit et le cerf
volant commence à tirer, à faire du bruit et à effrayer les manchots. Nous nous
dépêchons donc de l’affaler, et finissons tout juste au bon moment après une
petite frayeur lorsque l’âme du fil est mise à nue par les échauffements.
On enchaine alors sur la manip
de suivi des poussins de manchots. Vous vous rappelez, ceux
que nous avons équipé en avril sur le tour courbet avec bibou ? Et bien
nous les recapturons tous les mois pour les repeser. Il fait froid, malgré mes
3 polaires. On ne peut pas rester inactif très longtemps. Il fait -5°C avec
20-25 nœuds ce qui fait une température ressentie de -15°C environ, alors nous
nous relayons pour les attraper ce qui nous réchauffe un peu. On avance vite
avec 2 personnes qui les attrapent et un troisième qui suit, pèse et note. Les
poussins ont petit à petit développé des techniques pour échapper à nos perches
ce qui nous rend la tâche un petit peu plus difficile et qui, malheureusement, nous oblige à mettre un peu plus de désordre dans la colonie. C’est d’ailleurs
ce qui nous arrête rapidement, le mauvais temps revenant, nous devons laisser
les poussins se réorganiser en crèches.
Finalement les photos du matin ne sont pas assez précises et
trop surexposées à cause de la neige pour pouvoir distinguer le nombre de
poussins. Nous saisissons une 2ème fenêtre météo en fin de journée.
Les photos sont meilleures mais malheureusement, la luminosité décline
rapidement et nous empêche de terminer et de prendre la colonie en entier.
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En pleine tempête |
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La colonie |
Le lendemain
est le jour où je devais
partir vers Morne. Malheureusement, la météo est mauvaise. C’est même un
euphémisme; il y a 50 nd de vent, de la neige en continue, des congères se
forment tout autour de la cabane, dans la colonie, les manchots sont perdus,
déstabilisés, ils n’ont pas le réflexe de leurs compatriotes en Antarctique, de se
mettre en tortue compacte pour se protéger. Des groupes se forment mais il y a
encore beaucoup d’individus qui courent dans tous les sens. Une dizaine de
poussins viennent même trouver refuge sur la terrasse de la cabane. Une congère
monte jusqu’au toit et j’aperçois un cours instant 2 poussins en train
d’essayer de monter sur le toit avant qu’ils ne dégringolent par où ils sont
venus. Dans ces conditions, pas question de faire un transit, nous restons
donc à Ratmanoff un jour de plus et en profitons pour nous éclater dans la
neige et faire des igloos, boire des chocolats chauds et du thé et manger.
Enfin, le jour suivant,
le temps s’est calmé et nous permet de partir pour Morne où
nous retrouvons la porte coincée par une congère d’un mètre de haut et 3 m de
long. J’empoigne donc la pelle et c’est parti pour un petit déneigement avant
de pouvoir se mettre à l’aise dans la cabane.
Un dernier transit, sur un sol complètement gelé, 3 rivières
totalement figées, une épaisseur de glace de 20cm, du jamais vu, et nous
arrivons enfin à PAF après un périple de 200km et 13 jours. Une bonne douche ne
fera pas de mal…
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| Morne sous la neige |
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| Pas facile de rentrer à Morne |
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Heureusement qu'il y a de temps en temps une cabane ou un anorak rouge car sinon, on croirait que tu es revenu au temps de la photo en noir et blanc!
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