lundi 1 septembre 2014

Tour Courbet log - partie 2


Nous voici donc rendus à Ratmanoff,

où on retrouve avec plaisir Greg, Solène, Camille et Fabien. Cela fait maintenant 8 jours que Flo, Elie et moi sommes partis de PAF. Je dois rester 2 jours puis rentrer avec Solène, Camille et Fabien alors que Flo, Elie et Greg resteront un peu plus longtemps pour faire les manip ornithos. Le premier jour, nous nous levons sous la neige, les grains se succèdent toute la journée, ne laissant que de faibles fenêtres permettant une sortie.

Le second jour est plus calme,

dès le matin, nous nous levons pour aller faire la manip cerf volant. Cela consiste à déployer un grand cerf volant en delta auquel on accroche un appareil photo qui se déclenche automatiquement toutes les 5 secondes et de faire passer ça au dessus de la colonie pour pouvoir dénombrer la population de poussins. C’est une manip difficile, car c’est la première année que c’est en test. Toute la difficulté consiste à saisir la bonne fenêtre météo pour que le cerf volant puisse porter l’appareil sans craindre de l’écraser au milieu de la colonie mais pas trop pour ne pas casser le fil et perdre l’appareil et le cerf volant.  Vous comprendrez que ce sont des conditions bien exigeantes pour les Kerguelen en hiver. Nous sortons donc le matériel et lançons le cerf volant. Il faut le placer assez haut pour qu’il ne gène pas les manchots, nous mettons donc 200m de fil et plaçons l’appareil photo à environ 150m. Jusque là tout va bien, nous avons 45 min devant nous avant le prochain grain que nous voyons arriver au loin. Nous longeons la colonie sur toute sa longueur (1,5 km environ). Arrivés au bout, nous voulons faire le retour un peu plus haut mais le vent forcit et le cerf volant commence à tirer, à faire du bruit et à effrayer les manchots. Nous nous dépêchons donc de l’affaler, et finissons tout juste au bon moment après une petite frayeur lorsque l’âme du fil est mise à nue par les échauffements.

On enchaine alors sur la manip

de suivi des poussins de manchots. Vous vous rappelez, ceux que nous avons équipé en avril sur le tour courbet avec bibou ? Et bien nous les recapturons tous les mois pour les repeser. Il fait froid, malgré mes 3 polaires. On ne peut pas rester inactif très longtemps. Il fait -5°C avec 20-25 nœuds ce qui fait une température ressentie de -15°C environ, alors nous nous relayons pour les attraper ce qui nous réchauffe un peu. On avance vite avec 2 personnes qui les attrapent et un troisième qui suit, pèse et note. Les poussins ont petit à petit développé des techniques pour échapper à nos perches ce qui nous rend la tâche un petit peu plus difficile et qui, malheureusement, nous oblige à mettre un peu plus de désordre dans la colonie. C’est d’ailleurs ce qui nous arrête rapidement, le mauvais temps revenant, nous devons laisser les poussins se réorganiser en crèches.
Finalement les photos du matin ne sont pas assez précises et trop surexposées à cause de la neige pour pouvoir distinguer le nombre de poussins. Nous saisissons une 2ème fenêtre météo en fin de journée. Les photos sont meilleures mais malheureusement, la luminosité décline rapidement et nous empêche de terminer et de prendre la colonie en entier.



En pleine tempête 




La colonie





Rat sous la neige





Ratmanoff


Sur la plage de Ratmanoff


Le lendemain

 est le jour où je devais partir vers Morne. Malheureusement, la météo est mauvaise. C’est même un euphémisme; il y a 50 nd de vent, de la neige en continue, des congères se forment tout autour de la cabane, dans la colonie, les manchots sont perdus, déstabilisés, ils n’ont pas le réflexe de leurs compatriotes en Antarctique, de se mettre en tortue compacte pour se protéger. Des groupes se forment mais il y a encore beaucoup d’individus qui courent dans tous les sens. Une dizaine de poussins viennent même trouver refuge sur la terrasse de la cabane. Une congère monte jusqu’au toit et j’aperçois un cours instant 2 poussins en train d’essayer de monter sur le toit avant qu’ils ne dégringolent par où ils sont venus. Dans ces conditions, pas question de faire un transit, nous restons donc à Ratmanoff un jour de plus et en profitons pour nous éclater dans la neige et  faire des igloos, boire des chocolats chauds et du thé et manger.

Enfin, le jour suivant,

le temps s’est calmé et nous permet de partir pour Morne où nous retrouvons la porte coincée par une congère d’un mètre de haut et 3 m de long. J’empoigne donc la pelle et c’est parti pour un petit déneigement avant de pouvoir se mettre à l’aise dans la cabane.
Un dernier transit, sur un sol complètement gelé, 3 rivières totalement figées, une épaisseur de glace de 20cm, du jamais vu, et nous arrivons enfin à PAF après un périple de 200km et 13 jours. Une bonne douche ne fera pas de mal…


Morne sous la neige

Pas facile de rentrer à Morne

Traversée de rivière

Un pacha
Lever de soleil à Morne

1 commentaire:

  1. Heureusement qu'il y a de temps en temps une cabane ou un anorak rouge car sinon, on croirait que tu es revenu au temps de la photo en noir et blanc!

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