Plutôt bien !
La mer est calme, la météo plutôt clémente. Le navire tangue et
roule un peu, suffisamment pour en clouer quelques uns au lit mais pas
trop méchamment pour permettre à la plupart de bien s’amariner. Ça ne va
pas durer. Nous sommes maintenant proches des 40èmes rugissants. Ce midi
nous avons franchi la zone de convergence subantarctique où l’eau passe
en quelques heures de 14°C à 4°C. C’est également l’arrivée des grands oiseaux : les premiers albatros sont fêtés, (albatros timide pour moi,
albatros royaux pour d’autres) les pétrels noirs à menton blanc nous
suivent en planant tranquillement. Notre arrivée sur Crozet est encore
incertaine, une grosse tempête devrait nous cueillir juste avant.
L’équipage préconise d’arrimer les bagages dans les cabines, de se
balader avec son propre sac plastique et de le vider par-dessus bord, et
de mettre des chaussures fermées. Bref ça va secouer, on attend des
creux de 8m.
En attendant, j’ai pu tester le badminton dans les cales du bateau (pas facile facile de se déplacer lorsque le bateau bouge), et il y a toujours une personne avantagée au ping pong et au babyfoot .
Biosécurité :
Les îles subantarctiques ne sont pas bien préservées. Contrairement à tout ce qu’on pourrait croire, ces îles, fragiles, sont infestées d’espèces invasives : le rat, les souris, le lapin (introduites involontairement) le chat, le renne, (introduites volontairement pour lutter contre les rongeurs ou pour l’élevage), nombre d’espèces d’insectes ravageurs et nombre de plantes sont introduits et ce, encore aujourd’hui. Cela pose des problèmes majeurs, car le chou des kerguelen espèce endémique de l’archipel des kerguelen, est maintenant menacé par une maladie rapportée par un chou destiné à la nourriture sur base. La maladie se répand rapidement et pourrait menacer l’espèce endémique d’extinction. Le même schéma se répète sur de nombreux autres organismes.Pour lutter contre l’introduction de nouvelles espèces, de nombreuses mesures ont été prises suite à la création de la réserve naturelle des terres australes et antarctiques françaises. La première a été la désinstallation des serres sur la base, l’éradication des moutons (source de piétinement de végétation et prédateur du chou des kerguelen), et plus récemment une séance de nettoyage des affaires personnelles avant de débarquer sur un district. Des études ont été conduites pour déterminer quels étaient les facteurs principaux d’introduction. Résultat, les semelles de chaussures, les poches et scratch des vestes et sac à dos ainsi que les sacoches d’appareil photo sont les niches d’importation de larves d’insectes ou de graines de végétaux susceptibles d’être introduits. J’ai donc dû moi-même passer au sas de décontamination afin d’aspirer et nettoyer tout ce matériel. En espérant ne pas être un élément porteur d’espèces invasives...

N'oublie pas que tu es toi-meme une espece invasive sur ces lieux :D
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