lundi 22 décembre 2014

St Paul


Non ce n’est pas la fête des Paul. St Paul, dans le subantarctique, c’est une des 2 iles du district de St Paul et Amsterdam. On parle plus souvent d’Amsterdam, l’ile qui est habitée toute l’année avec la base Martin de Vivies. St Paul, quant à elle, est une ile en protection intégrale. C'est-à-dire que pour pouvoir mettre pied à terre, il faut un arrêté préfectoral appuyé par une raison valable. Fin novembre dernier, le marégraphe installé à St Paul a cessé d’émettre; je suis donc descendu sur St Paul, accompagné de 2 autres spécialistes en la matière, pour chercher la raison de ce silence argos. Une chance unique de découvrir un joyau de l’océan indien, bien préservé et à la fois témoin d’une histoire un peu mouvementée (voir « les oubliés de St Paul »).
A seulement 2 jours et 3 nuits de mer (trèèèès calme) depuis Ker, nous arrivons à St Paul au petit matin. Nombreux sont ceux qui se sont levés à 4h pour voir l’arrivée sur ce bout de caillou perdu au milieu de l’océan. L’Austral, unique navire de pêche à la langouste autorisé à venir dans ces eaux, nous attend, les chaloupes de pêche déjà à l’œuvre. La couverture nuageuse est basse et les nuages s’accrochent sur les hauts de St Paul. L’ile est en fait un ancien cratère de volcan. Les parois du cratère sont encore hautes (environ 200m de tombant) sauf une petite ouverture permettant à la mer de s’engouffrer dans l’anse ainsi formée. Les bateaux peuvent donc accoster en étant un peu protégés de la houle. Le Marion se met donc au mouillage devant l’ile et nous descendons dans une petite vedette direction St Paul.
Arrivés sur place, nous découvrons la cabane, et les ruines, vestiges d’un autre temps. Les otaries pullulent, c’est un orchestre auditif et visuel, elles jouent, plongent, sautent et contrairement à leur cousines de Ker, elles ne sont pas très agressives. On se dirige vers la cabane 5 étoiles qui permet aux Amsterdamois de venir travailler quelques jours ici lorsque c’est nécessaire. Ce qui nous intéresse se trouve au fond de cette cabane, on s’y met de suite. La panne est vite repérée (les batteries sont mortes) mais nous n’arrivons pas à savoir pourquoi. N’ayant pas eu le temps d’envoyer des batteries de rechange, nous nous voyons obligés de rentrer sans relancer l’installation. Après 1h30 de travail, la navette vient nous rembarquer, nous avons alors tout juste quelques minutes pour faire le tour de la cabane et apprécier ce site. Les nuages s’entrouvrent rapidement pour nous laisser admirer le cratère en entier. Sur le retour, les otaries profitent des maigres vagues formées par la navette pour marsouiner et jouer. J’ai la banane, le sentiment d’avoir été un témoin privilégié d’un petit coin de paradis.
Une fois à bord, le Marion prend la direction d’Amsterdam où un autre défi nous attend.













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